alt d'une image. Il remplace l'image pour toute personne ou machine qui n'y accède pas : lecteur d'écran d'un internaute non-voyant, connexion dégradée, robot d'indexation. Son nom d'usage, « balise alt », est un abus de langage tenace puisqu'il s'agit d'un attribut de la balise <img>, pas d'une balise à part entière.
L'accessibilité d'abord. C'est la raison d'être de l'attribut. Un lecteur d'écran restitue la page à voix haute et annonce chaque image par son texte alternatif. Sans lui, l'utilisateur entend « image » ou, pire, le nom du fichier lu caractère par caractère. Sur une fiche produit dont l'information principale est la photo, une absence d'alt rend la page inutilisable.
L'indexation ensuite. Un moteur ne comprend d'une image que ce qui l'entoure : le nom du fichier, la légende, le texte voisin et l'alt. Cet ensemble détermine la présence dans la recherche d'images, qui reste un canal d'acquisition réel pour la cuisine, la décoration, la mode, le voyage et le bricolage. Quand l'image sert de lien, son alt joue le rôle d'ancre et transmet un signal de la même nature qu'un texte cliquable.
Ces deux fonctions tirent dans le même sens. Une description écrite pour être entendue par un humain est aussi celle qui renseigne le mieux un moteur. Il n'existe pas d'arbitrage à faire entre les deux, et toute rédaction qui privilégie le moteur au détriment de l'écoute produit un texte inutile pour les deux.
La bonne question à se poser devant chaque image : si je devais décrire cette image au téléphone à quelqu'un qui lit la page, que dirais-je ? La réponse tient presque toujours en une phrase.
| Contexte de l'image | Alt à éviter | Alt utile |
|---|---|---|
| Photo d'une fiche produit | chaussures |
Mocassin en cuir marron, vue de trois quarts, semelle cousue |
| Graphique d'un article | graphique statistiques 2026 |
Courbe du trafic organique, croissance continue de janvier à juin 2026 |
| Logo cliquable vers l'accueil | logo |
LexiqueMarketing, accueil |
| Photo d'illustration d'un billet | marketing digital seo agence |
Équipe réunie autour d'un tableau blanc couvert de post-it |
| Bandeau décoratif sans contenu | bandeau bleu design |
(vide) |
Trois règles suffisent à couvrir la quasi-totalité des cas. Décrivez ce qui est visible et pertinent, pas ce que vous aimeriez référencer. Ne commencez pas par « image de » ou « photo de », le lecteur d'écran annonce déjà qu'il s'agit d'une image. Et si l'information de l'image est indispensable à la compréhension, elle doit aussi figurer dans le texte de la page, car un alt n'est pas l'endroit pour loger un paragraphe.
Le nom du fichier compte lui aussi. mocassin-cuir-marron.jpg renseigne, IMG_4471.jpg ne renseigne rien. C'est un travail qui se fait au moment de l'import, presque impossible à rattraper ensuite sur un catalogue entier.
Une image purement décorative n'apporte aucune information : séparateur, aplat de couleur, icône redondante posée à côté d'un libellé qui dit déjà la même chose. Elle doit porter alt="", un attribut présent dont la valeur est vide. Les lecteurs d'écran l'ignorent alors complètement, ce qui allège l'écoute.
La nuance est fine et elle se joue sur le contexte, pas sur la nature de l'image. Une icône d'enveloppe posée à côté du mot « E-mail » est décorative, la même icône seule dans un bouton ne l'est pas : elle doit alors annoncer l'action. Une même photo peut être décorative dans un bandeau et informative dans une fiche produit.
Omettre l'attribut et le laisser vide ne produisent pas le même résultat. Un attribut absent pousse certains lecteurs d'écran à lire le nom du fichier pour tenter d'aider, ce qui donne « I M G underscore 4 4 7 1 point J P G ». C'est la raison pour laquelle la règle est d'écrire l'attribut partout, quitte à le laisser vide.
Le texte alternatif n'est pas seulement une bonne pratique. Il figure au critère 1.1 du RGAA, le référentiel général d'amélioration de l'accessibilité, qui décline en France les règles internationales WCAG. Chaque image porteuse d'information doit avoir une alternative textuelle pertinente.
Deux régimes se superposent. L'obligation historique, issue de la loi de 2005, vise les services publics, les collectivités et les grandes entreprises, qui doivent publier une déclaration d'accessibilité et un schéma pluriannuel. Le European Accessibility Act, applicable depuis le 28 juin 2025, étend l'exigence à une large partie des services numériques vendus aux consommateurs, dont le commerce en ligne, avec des exemptions pour les microentreprises.
Pour un site marchand, l'effet pratique est direct. Un catalogue de plusieurs milliers de références sans texte alternatif n'est plus seulement une occasion manquée dans la recherche d'images, c'est un écart de conformité documenté par n'importe quel audit automatisé en quelques minutes.
Le bourrage de mots-clés. Répéter la requête cible dans l'alt de chaque image d'une page est une pratique ancienne, inefficace et pénible à l'écoute. Un lecteur d'écran qui énumère six fois « plombier Lyon pas cher urgence » rend la page insupportable, et le moteur n'y voit rien d'autre qu'un signal de manipulation.
Le même alt sur toutes les images d'une galerie. Huit photos d'un produit qui portent toutes la même description ne renseignent sur aucune. Chaque vue mérite sa phrase, d'autant que ce sont ces différences qui font la valeur d'une galerie.
Confondre alt et title. L'attribut title affiche une bulle au survol. Il n'est pas restitué de façon fiable par les technologies d'assistance, il n'existe pas au toucher sur mobile, et il ne remplace jamais un alt. Dupliquer l'un dans l'autre n'apporte rien.
Le texte gravé dans l'image. Une infographie dont tout le contenu est en pixels reste illisible pour les moteurs comme pour les lecteurs d'écran, quel que soit son alt. L'information doit exister en texte quelque part dans la page.
Les images de fond en CSS pour du contenu. Une image insérée en background-image ne peut pas porter d'alt. C'est acceptable pour un décor, jamais pour une information. Le choix technique se décide donc au moment de l'intégration, en fonction du rôle de l'image.