La concurrence interne. Trois articles qui traitent la même question se disputent la même requête. Le moteur hésite, fait alterner les trois, et aucune n'obtient la position qu'une page unique et complète aurait eue. C'est le motif le plus fréquent et le plus coûteux.
La dispersion de l'exploration. Sur un site volumineux, les robots consacrent une partie de leur budget de crawl à des pages qui n'intéressent personne, au détriment de celles qui rapportent. Le ménage libère cette capacité.
L'image de qualité du site. Un site dont une large part des pages est vide, obsolète ou automatique envoie un signal global. Les pages faibles ne se contentent pas de ne pas performer, elles pèsent sur l'évaluation d'ensemble.
Le coût d'entretien. Chaque page existante doit être vérifiée lors d'une refonte, d'une migration, d'un changement de gabarit ou d'une mise à jour réglementaire. Un patrimoine de pages inutiles se paie à chaque chantier.
L'expérience du lecteur. Tomber sur un article de 2018 qui décrit une interface qui n'existe plus abîme la confiance bien davantage que l'absence de cet article.
L'audit prend la forme d'un tableau, une ligne par URL, alimenté par quatre sources. Le crawl du site donne l'inventaire, le titre, la profondeur et le nombre de liens internes reçus. La Search Console fournit les impressions, les clics et les requêtes associées sur seize mois. L'outil d'analyse ajoute les sessions, les conversions et le chiffre d'affaires attribué. Un outil de netlinking indique les liens externes reçus par page.
Quatre indicateurs suffisent à trier, à condition de les regarder sur une période d'au moins douze mois pour absorber la saisonnalité.
Les impressions. Plus révélatrices que les clics. Une page qui obtient des milliers d'impressions sans clic a un problème de titre ou de position, pas un problème d'existence. Une page à zéro impression n'intéresse personne.
Les liens externes. Une page qui a reçu des liens porte une valeur qui survivra mal à une suppression sans redirection.
Les conversions. Certaines pages convertissent sans trafic notable, notamment en fin de parcours d'achat. Elles ne se jugent pas au volume.
Le recouvrement de requêtes. Deux pages qui apparaissent sur les mêmes requêtes dans les rapports de la Search Console sont candidates à la fusion. C'est le croisement le plus utile de tout l'exercice.
| Situation | Décision | Traitement |
|---|---|---|
| Trafic et conversions corrects | Conserver | Mettre à jour la date et les faits si nécessaire |
| Beaucoup d'impressions, peu de clics | Améliorer | Titre, méta description, couverture du sujet |
| Sujet traité par plusieurs pages | Fusionner | Un contenu enrichi, redirection des autres |
| Aucune impression, contenu obsolète | Supprimer | Code 410, ou 301 vers la rubrique parente |
| Peu de trafic mais des liens externes | Conserver ou fusionner | Jamais de suppression sèche |
| Utile aux visiteurs, sans intérêt pour la recherche | Désindexer | Balise noindex, page laissée en ligne |
La fusion est la décision la plus rentable et la plus négligée. Elle consiste à écrire une page qui reprend le meilleur des versions existantes, à la publier sur l'URL qui avait la meilleure autorité, puis à rediriger les autres vers elle. Le gain est double : le sujet cesse d'être dispersé et les signaux se concentrent sur une seule adresse.
L'amélioration vient ensuite. Une page qui obtient des impressions prouve que le moteur la juge pertinente. Lui donner ce qui lui manque coûte moins cher que d'écrire un contenu neuf et repartir de zéro.
La redirection 301 s'impose dès qu'une page équivalente existe. Elle transmet les signaux accumulés et évite au visiteur une impasse. Elle suppose une destination réellement proche du contenu d'origine, car une redirection vers une page sans rapport est traitée comme une page introuvable.
Le code 410 déclare une suppression définitive. Il convient quand aucun contenu de remplacement n'existe, et il accélère le retrait de l'index par rapport à un simple 404.
La balise noindex garde la page accessible tout en la retirant des résultats. C'est la réponse pour les pages utiles aux visiteurs mais sans intérêt en recherche : conditions générales, pages de remerciement, archives de rubriques.
Trois précautions accompagnent toute campagne de suppression. Retirer les liens internes qui pointaient vers les pages traitées, sinon le maillage envoie les visiteurs et les robots vers des redirections en chaîne. Mettre à jour le sitemap, pour qu'il ne liste plus d'URL supprimées. Et procéder par lots de taille raisonnable, en laissant passer quelques semaines entre chacun, ce qui permet d'attribuer un effet observé à une action précise.
Les pages saisonnières. Une page dédiée à une opération commerciale annuelle n'a aucun trafic onze mois sur douze. Regardée en février, elle paraît morte. Elle ne se juge que sur sa période.
Les pages récentes. Un contenu publié il y a trois mois n'a pas eu le temps de trouver sa place. En dessous de six mois, l'absence de trafic n'est pas un verdict.
Les pages qui reçoivent des liens. Même sans trafic, elles portent une valeur acquise. Elles se fusionnent, elles ne se suppriment pas.
Les pages obligatoires. Mentions légales, conditions de vente, politique de confidentialité, accessibilité. Leur absence de trafic est normale et leur suppression serait une faute.
Les pages de fin de parcours. Une page tarifaire ou une page de contact ne se juge pas au volume d'entrées organiques, mais à son rôle dans le tunnel de conversion.
Enfin, l'élagage se mesure. Relevé du nombre de pages indexées, du trafic organique global et des positions sur les requêtes principales avant l'opération, puis comparaison à trois mois. Sans ce relevé, l'exercice se juge à l'impression, et l'impression après une suppression massive est rarement fiable.