Le nombre 301 est un code de statut HTTP, renvoyé par le serveur avant même que la page ne s'affiche. Il signifie Moved Permanently : cette adresse n'est plus la bonne, voici la nouvelle, et ce changement est définitif.
Pour le référencement, trois choses se produisent. La page cible hérite de l'essentiel du PageRank accumulé par les liens entrants qui pointaient vers l'ancienne URL. L'ancienne adresse sort progressivement de l'index au profit de la nouvelle. Et les visiteurs qui arrivent par un lien ancien ou un favori ne rencontrent pas d'erreur.
La transmission n'est ni instantanée ni totale. Google doit recrawler l'ancienne URL pour constater la redirection, ce qui prend de quelques jours à plusieurs semaines selon la fréquence de passage. Et le transfert suppose que la page cible traite bien le même sujet : rediriger vers l'accueil une page qui n'a plus d'équivalent ne transfère rien et produit un signal de mauvaise qualité.
| Code | Sens | Quand l'employer |
|---|---|---|
| 301 | Déplacement permanent | Refonte, changement d'URL, migration de domaine, fusion de deux pages |
| 302 | Déplacement temporaire | Page en maintenance, test A/B, offre saisonnière destinée à revenir |
| 307 | Redirection temporaire stricte | Même usage que la 302, en conservant la méthode HTTP d'origine |
| 410 | Contenu supprimé définitivement | Page volontairement retirée sans équivalent, désindexation rapide souhaitée |
| 404 | Introuvable | URL qui n'a jamais existé, ou faute de frappe |
L'erreur la plus fréquente est d'employer une 302 par défaut, souvent parce que c'est le réglage par défaut de l'outil utilisé. Google finit généralement par traiter une 302 durable comme une 301, mais avec un délai et sans garantie. Si le changement est définitif, dites-le tout de suite.
L'erreur symétrique consiste à rediriger en 301 des pages qui n'ont pas d'équivalent, uniquement pour éviter des 404 dans les rapports. Une 410 franche est préférable : elle est plus rapide à traiter et n'envoie pas un signal trompeur.
Une refonte avec changement de structure d'URL. C'est le cas le plus courant et le plus risqué. Un plan de redirection ligne à ligne, établi à partir d'un export complet des anciennes URL, est la seule méthode fiable. Les pertes de trafic après refonte viennent presque toujours d'un plan incomplet.
Un changement de nom de domaine. Toutes les URL de l'ancien domaine doivent pointer vers leur équivalent exact sur le nouveau, et l'ancien domaine doit rester actif suffisamment longtemps pour que la totalité soit recrawlée.
Le passage en HTTPS ou l'unification www. Une seule version doit être accessible, les autres redirigent. Sans cela, le même contenu existe à plusieurs adresses, ce qui produit du contenu dupliqué technique.
La fusion de deux pages concurrentes. Quand deux pages du site se disputent le même mot-clé, en fusionner une dans l'autre et rediriger concentre l'autorité au lieu de la diviser.
La suppression d'une page qui avait des liens entrants. Même si le contenu disparaît, l'autorité des liens peut être récupérée en redirigeant vers la page la plus proche thématiquement.
Sur un serveur Apache, la redirection s'écrit dans le fichier .htaccess, à la racine du site, avant toute autre règle de réécriture. Sur Nginx, elle se place dans la configuration du serveur. Sur un CMS, une extension dédiée fait le travail sans toucher aux fichiers, au prix d'un léger surcoût de traitement.
Quel que soit l'outil, quatre règles tiennent.
Une redirection par URL, vers la page équivalente. Pas de règle générique qui envoie tout un répertoire vers une seule page.
Jamais de chaîne. Si /a/ pointe vers /b/ et /b/ vers /c/, réécrivez la première règle pour qu'elle vise directement /c/. Chaque saut consomme du budget de crawl et ajoute de la latence.
Jamais de boucle. Une règle qui renvoie vers elle-même rend la page définitivement inaccessible, et le navigateur affiche une erreur.
Mettez à jour les liens internes. Une redirection règle le cas des liens externes que vous ne contrôlez pas. Les liens de votre propre maillage interne doivent pointer directement sur la bonne URL.
Rediriger tout vers la page d'accueil. Google appelle cela une redirection non pertinente et la traite comme une erreur douce : la page est désindexée sans qu'aucune autorité ne soit transférée. C'est l'erreur la plus destructrice lors d'un nettoyage de site.
Oublier les URL sans trafic mais avec des liens. Une page qui ne recevait aucune visite peut porter des liens entrants de valeur. Le plan de redirection doit se construire à partir des URL indexées et des liens entrants, pas seulement des pages populaires.
Couper l'ancien domaine trop tôt. Il faut laisser le temps à Google de recrawler l'intégralité des anciennes adresses, ce qui se compte en mois pour un site volumineux.
Laisser les chaînes s'accumuler. Après trois refontes successives, certaines URL traversent quatre sauts. Un audit régulier des redirections permet de les aplatir.
Enchaîner les vagues de suppression. Élaguer est parfois nécessaire, mais un site qui rétrécit vague après vague envoie un signal négatif. Mieux vaut une opération réfléchie qu'une série de nettoyages successifs.